-- Rudiments techniques --
Entre le captage des larves et la dégustation des huîtres, plus de trois années d'un travail de tous les instants auront été nécessaires.
- Préalablement au captage, les parqueurs procèdent tout d'abord au "chaulage" des tuiles qui doivent servir de collecteur. Le mélange de chaud et de sable dont les tuiles sont recouvertes facilitera plus tard le décrochage des jeunes huîtres lors de l'opération de "détroquage".
La mise en eau des tuiles chaulées ne peut cependant s'effectuer que peu de temps avant le captage, car plus la surface
des tuiles sera propre et lisse au moment de leur immersion, plus les chances de voir les larves d'huîtres s'y fixer seront grandes.
- Puis vient l'époque du captage du "naissain", l'opération sans doute la plus redoutée chaque année par les ostréiculteurs puisqu'elle conditionne l'ensemble du processus de production.
Au demeurant, les ostréiculteurs du Bassin d'Arcachon ne sont pas les seuls à s'inquiéter lors de cette période, puisqu'une grande partie du naissain recueilli servira à alimenter en jeunes huîtres de nombreux autres sites de production
en France, notamment en Bretagne et en Normandie.
En général, le captage intervient vers le mois de juillet, mais de nombreux
éléments sont susceptibles de venir perturber la ponte des oeufs, à commencer par la température de l'eau, qui doit impérativement atteindre 22,5°.
Aujourd'hui, les relevés effectués régulièrement par l'IFREMER permettent aux ostréiculteurs de connaître le niveau de concentration des larves dans le Bassin d'Arcachon, ce qui facilite un peu la détermination du moment où le captage présente les meilleures chances de
succès.
Mais reste les impondérables, toujours à redouter, tel un orage violent ou une tempête qui, en quelques heures, peuvent décimer les larves avant même qu'elles ne se fixent sur les collecteurs.
- D'abord invisibles à l'oeil nu, les larves vont peu à peu se développer et atteindre une taille de 3 à 4 centimètres au bout de 8 mois environ. Les ostréiculteurs sortent alors les tuiles des collecteurs et les ramènent au port, où ils procèdent au "détroquage".
Cette opération, qui demande une grande habilité technique, consiste à décrocher les jeunes huîtres à l'aide d'un couteau spécial. Bien que les pertes soient de plus en plus réduites, grâce notamment à la mécanisation, une partie importante du
naissain récolté disparaît inévitablement lors de cette manipulation.
- Les jeunes huîtres sont ensuite placées dans des poches constituées de grillage plastique puis déposées dans des parcs spécialement aménagés, où elles poursuivront leur développement à l'abri des courants marins et des prédateurs pendant près d'un an.
- Devenues plus robustes, les huîtres seront alors transportées dans des parcs situés à proximité des nombreux chenaux qui s'étirent au sein du Bassin d'Arcachon. Les eaux vives qui parcourent ces chenaux apportent en effet à l'huître une nourriture suffisante en plancton, et les courants marins qui s'y manifestent
lui donnent progressivement une forme régulière et allongée. |