D'un côté, la puissance d'un Océan que rien ne semble pouvoir arrêter. De l'autre, le Bassin d'Arcachon soumis au jeu quotidien des marées. Entre les deux, les Passes, véritable goulet d'étranglement dans lequel doivent s'engouffrer puis ressortir chaque jour plus de 370 millions de mètres
cube d'eau à la vitesse moyenne de 2 mètres par seconde !
On imagine dès lors aisément que l'endroit puisse rapidement devenir dangereux, surtout lorsque le vent ou une houle bien formée viennent ajouter leur grain de sel.
De surcroît, la physionomie des passes est changeante, au point que de nombreux marins hésitent aujourd'hui à prendre comme unique référence la position des bouées marines.
Ce caractère mouvant résulte de la combinaison de deux phénomènes naturels.
- Le premier réside dans la présence d'un important courant marin orienté nord-sud qui longe la côte Atlantique depuis l'Estuaire de la Gironde jusqu'au Bassin d'Arcachon. A l'abri des regards, ce courant charrie en effet chaque année près de 600 000 m3 de sable. Or ce sable a tendance à s'agglutiner sur les bancs qui
jalonnent l'entrée du Bassin, modifiant du même coup la morphologie des passes.
- Le second tient au jeu des marées, dont la puissance tend au contraire à éroder et à fragiliser les bancs de sable. Le sable soulevé par les marées est ainsi "repris" par le courant côtier, et se déplace de nouveau vers le sud avant finalement de s'accumuler vers la Dune du Pilat.
L'étude attentive de ces éléments a conduit les spécialistes à une conclusion étonnante, du moins pour le profane ; celle selon laquelle la géographie des passes obéissait en réalité à un système cyclique s'étalant sur une période de 80 ans !
Ainsi, selon les chercheurs, le courant côtier et le jeu des marées contribuent aujourd'hui à repousser la passe sud vers le sud et à élargir corrélativement la passe nord ; de sorte que d'ici 20 à 30 ans, l'accès au Bassin d'Arcachon devrait s'effectuer par une passe centrale unique favorable à la navigation. Mais ce
système n'est pas en équilibre, et d'ici 80 ans, les passes nord et sud devraient finalement se reformer comme nous les connaissons aujourd'hui.
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