"La survie de l'ostréiculture est  indissociable de la préservation de l'écosystème du Bassin d'Arcachon..."


Sur l'ostréiculture (histoire, technique...), voir également les pages de présentation du Bassin d'Arcachon ]

Des plates



(1) Surface maritime exploitée par l'ostréiculteur mais appartenant à l'Etat.

L'équipe du "Guide" remercie chaleureusement Monsieur Jean-Charles Mauviot, Directeur de la Section Régionale Conchylicole "Arcachon-Aquitaine", pour avoir bien voulu répondre à nos questions. Nous tenons également à remercier pour son aide le Président de cette organisation, Monsieur Marc Druat.

Vous êtes Directeur de la Section Régionale Conchylicole "Arcachon-Aquitaine", quelles sont les activités de cette organisation ?

La Section Régionale Conchylicole est une organisation interprofessionnelle qui regroupe les producteurs, les transformateurs et les expéditeurs impliqués dans la filière ostréicole.
Sans être exhaustif, nos activités visent essentiellement à soutenir les intérêts de la filière, tant du point de vue de la production, c'est à dire de la gestion et de l'organisation de l'exploitation des bancs, que de l'entretien du Bassin d'Arcachon et du nettoyage des concessions(1) exploitées par les ostréiculteurs.

Des exemples ?

L'organisation possède notamment deux bateaux, ainsi que des bulldozers, lesquels permettent d'entretenir le Bassin d'Arcachon et le domaine concédé sur le Bassin. Ces travaux imposent de recourir à du matériel lourd dont les ostréiculteurs ne peuvent s'équiper individuellement.
 










(2) Indication Géographique Protégée
(3) Appellation d'Origine Protégée
(4) Appellation d'Origine Contrôlée











collecteurs classiques



collecteurs modernes






(5) Fixation des larves d'huîtres sur les collecteurs, généralement des tuiles "chaulées".




(6) Nom donné aux larves d'huîtres que les ostréiculteurs cherchent à fixer sur les collecteurs.
(7) Opération consistant à décrocher les jeunes huîtres de leur support.

Le souci de préservation de l'écosystème et celui de la qualité de la production sont-ils omniprésents dans les activités de la Section Régionale ?

Absolument ! ce sont des préoccupations constantes, car la survie de l'ostréiculture est indissociable de la préservation du milieu et de l'écosystème du Bassin d'Arcachon.
Quant à la qualité de la production, la Section Régionale mène actuellement une double démarche dont l'objectif est, d'une part, d'obtenir une certification du produit - afin que n'importe quel produit ne puisse pas se vendre sous l'appellation "Arcachon Cap-Ferret" - et d'autre part, de voir peut-être également cette production obtenir une reconnaissance type IGP(2), AOP(3) ou AOC(4) avec une connotation géographique spécifique. Dans l'avenir, le consommateur pourra ainsi identifier la production, et en achetant une huître "Arcachon Cap-Ferret, il saura clairement ce qu'il a dans son assiette.

D'autres activités que vous souhaiteriez préciser ?

Oui, au moins deux. Tout d'abord, au travers de la Section Régionale, nous participons activement à une interprofession nationale qui se retrouve au sein du comité interprofessionnel de la conchyliculture. Ensuite, nous intervenons également sur la mise en place d'un groupement d'employeurs, lequel doit permettre d'éviter les abus qui ont pu être parfois constatés. Cela devrait également favoriser l'émergence de règles de travail plus claires et plus transparentes.

Les présentations étant faîtes, pouvez-vous à présent nous brosser un tableau de la situation actuelle de l'ostréiculture sur le Bassin d'Arcachon ?

Cette situation est aujourd'hui un peu délicate, voire tendue.
Il y a tout d'abord des tendances de fond. Si l'on regarde en effet la courbe d'évolution du nombre d'ostréiculteurs sur le Bassin d'Arcachon, on constate indiscutablement une perte importante d'entreprises depuis quelques années.

Pour quelles raisons ?

Généralement, on met en corrélation l'obligation de mise aux normes, notamment européennes, avec cette diminution du nombre des ostréiculteurs. Il est vrai qu'un peu par tradition, de très nombreux ostréiculteurs exerçaient leur activité au sein de petites structures de production, et que sans doute certains n'ont pas pu supporter les investissements nécessaires à la mise aux normes des cabanes qui servent de chantiers de tri.
Mais d'autres éléments peuvent sans doute être également avancés.

Lesquels ?

Et bien l'on constate par exemple que si certains ostréiculteurs continuent de procéder au captage(5) et à l'affinage de leur production sur le Bassin d'Arcachon, le grossissement des huîtres s'effectue en revanche sur d'autres sites, notamment en Bretagne et en Normandie.

Pourquoi une telle "délocalisation" ?

L'un des handicaps du Bassin d'Arcachon constitue également son premier atout : la possibilité d'avoir du naissain(6) à l'intérieur du Bassin. Cela peut-être un handicap dans la mesure où le naissain se fixe aussi sur les huîtres en production. Dans ce cas, il est nécessaire de retravailler les huîtres de façon à détroquer(7) le naissain qui s'y est fixé. Il en résulte un surcoût de main d'oeuvre au niveau de la production. A l'identique, le naissain a tendance à se fixer sur les chantiers - les tables ostréicoles - et les opérations de nettoyage qui en découlent constituent autant de surcoût. Ces problèmes se posent avec beaucoup moins d'acuité sur les sites normands ou bretons où les prix de revient obtenus sont ainsi bien inférieurs à ceux que l'on constate sur le Bassin d'Arcachon.


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