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"Un 14 juillet ou un 15 août, ils sont entre 5000 et 10000  à  naviguer dans tous les  sens sur le Bassin..."


Le sémaphore du Cap Ferret





Vue intérieure du sémaphore








(1) Plus de 55 km/h

L'équipe du "guide" remercie le Ministère de la Défense pour les autorisations qui nous ont été accordées ainsi que le responsable du sémaphore du Cap Ferret pour son accueil et ses explications.

Quelles sont les missions dévolues à un sémaphore, et plus particulièrement au sémaphore du Cap Ferret ?

Elles sont de deux types. Le personnel des sémaphores, en France, est composé de militaires, et à ce titre, nous avons tout d'abord une mission de défense nationale. Cette mission de défense nationale est d'ailleurs à l'origine de la création du réseau de sémaphores qui couvre les côtes françaises depuis les années 1860. Pour nos prédécesseurs, il s'agissait de surveiller les côtes, de détecter un éventuel envahisseur avant tout le monde, et de transmettre l'information. Pour nous aujourd'hui, cette mission se limite à la surveillance et au suivi de certains exercices militaires se déroulant au large.

L'autre type de mission recouvre ce que l'on nomme traditionnellement les missions de service public ; ce sont celles qui nous occupent le plus. Pour le sémaphore du Cap Ferret, nous sommes très gâtés, puisque nous assurons la surveillance des Passes et celle du Bassin d'Arcachon. Notre rôle est d'assister et de renseigner toutes les personnes qui en font la demande. Nous suivons également au radar tous les navigateurs.

La période estivale est sans doute la plus difficile à gérer ?

Tout à fait, c'est de la folie !! Il faut s'imaginer qu'un 14 juillet ou un 15 août, il y a entre 5000 et 10000 embarcations de tout type et de toute taille qui se croisent dans tous les sens sur le Bassin ! De surcroît, il ne faut pas oublier qu'en raison de la présence de nombreux industriels de la plaisance, la vitesse est autorisée jusqu'à 30 noeuds (1) sur la presque totalité des chenaux, hormis la zone des 300 mètres, zone qui compte tenu de la configuration du Bassin à certains endroits flirte dangereusement avec les chenaux. C'est donc un miracle qu'il n'y ait pas plus d'accidents ! Enfin, on surveille ce petit monde comme on peut.
 

(2) Voir également l'article consacré aux Passes dans les pages de présentation du Bassin d'Arcachon




La Pointe du Cap Ferret





(3) L'orthographe du mot se semble pas très fixée




Les Passes

La présence des Passes (2), réputées très dangereuses, n'est sans doute pas faite pour arranger les choses ?

C'est certain, même si les Passes ne sont pas dangereuses en permanence, elles cachent de nombreux pièges qu'il est absolument nécessaire de connaître si l'on ne veut pas s'exposer à des désagréments parfois importants.

Pouvez-vous nous expliquer quelques-uns des ces pièges ?

On peut citer le cas des jours qui suivent des conditions météorologiques difficiles. Il faut en effet savoir que les Passes se déplacent vers le sud selon un cycle d'environ 80 ans. Ainsi aujourd'hui, la passe sud est devenue impraticable pour 99% des gens, et la passe nord sert presque de passe centrale. On commence d'ailleurs à voir apparaître très au nord la future passe nord. Mais toujours est-il que les déplacements les plus importants se produisent notamment lors des tempêtes. Certains bancs de sable peuvent alors se déplacer de plus de 150 mètres en quelques heures, et il faut bien sûr un peu de temps pour remettre à jour l'ancien balisage.

On peut également citer les "bouillocs" (3), qui constituent selon moi les pires pièges que recèlent les Passes en raison de leur caractère imprévisible.

Que sont les "bouillocs" exactement ?

Ils sont la résultante de deux éléments. Tout d'abord une houle classique d'ouest, ce qui est le cas 9 fois sur 10 sur le Bassin, ou éventuellement ouest nord-ouest. Une petite houle, d' 1,50 m ou de 2m, qui a priori n'interdit pas de sortir ou d'entrer dans le Bassin.
Le second élément est un vent d'Est contraire.
Lorsque ces deux éléments sont réunis, la moindre petite vague, qui en temps normal serait aplatie avec un vent d'ouest, risque au contraire de se soulever d'un coup ! On a alors des bouillonnements qui remontent brusquement jusqu'à 3 ou 4 mètres de hauteur !

Le problème est que ce phénomène est imprévisible, et que l'on ne peut ni en prévoir le moment, ni l'endroit, ni la hauteur. Dans ces conditions, il faut absolument éviter les Passes.


1 | 2 suite de l'entretien



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