(5) Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage
(6) Société Nationale de Sauvetage en Mer |
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Vous avez précisé au début de cet entretien que les accidents étaient rares sur le Bassin, mais quel est votre rôle lorsque cela se produit ?
Tout dépend de la gravité de l'accident. S'il s'agit d'un "petit bobo" ou d'une petite assistance, nous essayons de régler le problème par nous-mêmes. En revanche, lorsque l'incident est plus sérieux, les opérations de secours ou d'assistance doivent obligatoirement transiter par le centre de sauvetage de Soulac. Seul le CROSS (5) de Soulac est en effet habilité à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à un sauvetage et à les coordonner. Dans ce cas, nous devenons les yeux et
eux la tête. C'est un peu frustrant mais il faut s'y faire.
Pour être complet, il faut également préciser qu'il existe une différence entre les opérations de sauvetage pour assistance à la vie humaine, pour lesquelles tous les moyens sont déployés gratuitement ; et celles concernant l'assistance aux biens, pour lesquelles la SNSM (6) envoie la facture.
Les demandes d'assistance qui vous sont adressées sont-elles toujours justifiées ?
Hélas non ! Et je dois dire que le comportement des plaisanciers n'évolue pas vraiment dans le bon sens ces dernières années.
On peut notamment citer l'exemple du plaisancier qui ne regarde pas attentivement les horaires des marées et qui tire une fusée rouge lorsqu'il se retrouve coincé à la tombée de la nuit au fond du Bassin. Dans ce cas, c'est le branle-bas de combat, on appelle le CROSS, on prévient les pompiers et les gendarmes, et tout cela pour rien. Et là, je ne vous parle même pas de celui qui pense qu'il s'est peut-être affolé un peu vite, et qui décide finalement de
faire "le mort" après avoir tiré sa fusée. Dans ce cas, c'est l'hélicoptère qui est obligé de décoller en pleine nuit etc...
A l'inverse, existe-t-il des cas où vous refusez d'intervenir ?
Oui, nous refusons par exemple systématiquement de guider au radar les bateaux désirant franchir les Passes, car n'étant pas des pilotes, cela nous est interdit. Nous pouvons positionner un bateau au goniomètre pour lui dire ou il se trouve exactement, mais on ne le guidera pas.
Nous refusons également de donner la météo par téléphone, mais nous la transmettons en revanche par VHF à toutes les personnes qui nous le demande. A cet égard, je profite de l'occasion pour préciser que les prévisions que nous transmettons sont réalisées par les spécialistes de la météorologie nationale et non par les sémaphoristes. Il est donc inutile de nous faire des reproches lorsque celles-ci ne sont pas conformes à la réalité. |